Tranche de vie

Shinjuku - Tokyo - Japon - Japan

Je sors de la voiture. J’enjambe la balustrade métalique. Je me retourne.
Une jeune femme qui traine une valise à roulettes s’effondre en larmes et s’accroupit en sanglotant.
Je m’accroupis à ses côtés et lui demande ce qu’il se passe. Elle me rejette d’un geste de la main, toujours en sanglots. Je reste et lui demande où elle va, si elle veut aller prendre un café. Elle répond ça va, ça va. Ne vous inquiétez pas. Je ne bouge pas. Je ne veux pas la laisser comme cela. J’insiste.
Elle se calme et finit par accepter de discuter. Nous discutons de tout et de rien. Du japonais. De Cédric. Du Japon. De tout ce qui peut lui faire oublier son chagrin.
Elle finit par lever la tête et écarquille les yeux de découvrir un « étranger ». Elle ne pleure plus. J’arrive à la faire sourire.
Toujours accroupis, nous continuons doucement la discussion. Un quart d’heure environ.
Elle se lève. Elle doit faire un mètre soixante-quinze ou soixante-dix-huit. Elle est un peu gauche. Peut-être est-ce son chagrin – dont j’ignore tout – qui la rend ivre et vacillante.
Je la regarde partir qui me remercie. Au moins elle peut marcher. Elle se perd dans la foule de Shinjuku. La vie continue.

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4 comments

  1. Deux destins qui se croisent… sans attente, sans préparation, instant futile suivi de regrets de n’avoir su lors de l’éphémère échanger un téléphone, une adresse… J’ai vécu quelque chose de similaire il y a quelques jours, croisé une personne, sentir une forte interaction puis simplement continuer son chemin… ça laisse un gout étrange, empreint autant d’espoir et de déception.
    Faut que je me refasse des cartes de visite moi !

  2. Aucun regret en ce qui me concerne.
    Je tenais à lui redonner le moral et l’aider. Il m’importait peu d’en tirer un quelconque profit (adresse email ou téléphone). Ce n’était pas le but.

    J’étais un peu inquiet en la regardant partir mais aucune amertume, même le contraire, le plaisir d’avoir été utile devant l’indifférence de la foule, d’avoir servi à quelque chose ce jour-là.

    😉

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