Taiwan – Taipei – Jour 4

28 décembre 2010
La météo est encore impeccable ! Comme la veille. Effectivement, pas besoin de chauffage avec une telle température en décembre. Il n’empêche, pendant la nuit, il fait bien frais.
Ce matin aussi, basta le petit déjeuner de l’hôtel, on va dans un endroit qui ne peut être que meilleur et apparemment réputé. Au sud-ouest de là où nous sommes, pas très loin du fleuve, nous nous rendons en taxi dans le marché couvert de 永樂市場 où on trouve de l’alimentation au rez-de-chaussée, et des tissus au 2e et 3e étage. À peine entrés, nous trouvons 林合發油飯粿店 – notre petit déjeuner -, un stand où plusieurs femmes affairées remplissent des grandes boîtes à une allure vertigineuse avec du riz qu’elles recouvrent ensuite de champignons et d’une cuisse de poulet. Le magasin ferme à 13h et ne chôme pas jusque là. Nous croisons une journaliste qui, dans un anglais parfait, nous explique que la maison est très connue, que les employées sont en train de confectionner les nombreuses commandes que les nombreux clients ont passées. Nous demandons tout de même, dans la frénésie de ces préparatrices surchauffées, une boîte pour deux constituée de 600g de riz, de champignons et d’un œuf dur cuit à la sauce de soja. Nous allons à l’extérieur sur un banc pour prendre notre petit déjeuner car il n’y a pas de salle, juste ce tout petit espace que nous avons vu qui sert à confectionner les paquets. Une annexe doit se trouver à un autre endroit car des hommes apportent des seaux (des seaux je vous dis !) de riz, d’œufs et de poulet. Au soleil, nous nous régalons de ce plat copieux. Une fois fini, nous partons dans le rue médicinale qui longe le marché et où nous nous trouvons.
En effet, dans la rue Dihua (迪化街) des pharmacies chinoises sont les unes à côté des autres. On trouve des choses à manger ainsi que des préparations médicinales dont seuls les Chinois ont le secret. Quand on les voit préparer ingrédient après ingrédient des compositions pour les clients, on se demande toujours ce que cela peut bien être. Il y a tous les styles entre la pharmacie chic et rutilantes et la plupart des autres, populaires et vivantes. On peut même acheter des fruits secs, preuve que c’est très bon pour la santé. L’une d’elles (漢補世家) est d’ailleurs renommée pour ses mangues séchées qui, si elles sont plutôt dures, sont tout à fait savoureuses. Nous repartons ensuite vers le marché pour visiter le rez-de-chaussée et trouver un tissu aux étages. Dans l’ambiance d’un marché populaire d’Asie du sud ouest, je retrouve les odeurs, la viande non réfrigérée, les fruits et légumes et des gueules à prendre en photo. Les gens sont gais et peu refusent de se faire prendre en photo. Les Taïwanais sont des gens assez gentils et plutôt souriants comme en Thaïlande ou au Cambodge. Cela fait plaisir. Je repasse voir le fabricant de notre petit déjeuner car j’ai repéré une femme d’un certain âge avec une coiffure pas possible que je veux prendre aussi. Quand j’ai fini, elle m’interpelle – ainsi que tout le personnel pour me donner un sac de la préparation mangée plus tôt. J’ai beau faire non de la main, je me retrouve avec une nouvelle portion : « Very good » lance-t-elle. Je suis entièrement d’accord mais je n’ai plus du tout faim et ce jusqu’à ce soir probablement. Le geste est là encore adorable.
林合發油飯粿店
Au deuxième étage, dans un capharnaüm de rouleaux de tissus, nous finissons par trouver quelque chose pour la maison. Mais le plus difficile n’est pas de trouver le rouleau qui nous intéresse – la couleur et le style proposé par le magasin se repère facilement, le plus difficile est de trouver le vendeur. Le nôtre est complètement enfoui derrière des murs d’étoffes et les empilements de rouleaux créent des illusions d’optique qui nous font perdre la 3e dimension. L’homme – interpelé par son collègue voisin – semble sortir directement des tissus tel le passe-muraille. Dans un espace minuscule, il arrive à dérouler le tissu et le mesurer grâce à un système ingénieux. Nous négocions le prix.
En repassant par le rez-de-chaussée, une puissante envie de fruits me vient en voyant l’étalage d’un maraîcher. Quand je vois une pomme cannelle comme j’en ai dégusté sur le Mékong une fois il y a 3 ans, je saute partout en disant à Noriko qu’il faut absolument qu’elle goûte. Elle regarde le fruit de manière suspecte en se demandant comment il peut se manger et quel goût il peut avoir. Au soleil, sur un banc, elle découvre la chère blanche et crie de surprise en mordant dedans. Le fruit est excellent et particulièrement sucré, presque trop. Les mains collantes de sucre, nous allons vers le temple Longshan qui est à quatre stations de métro. Même si elle est un peu loin, nous y allons à pied pour « voir » le coin. Les artères principales de la ville sont assez imposantes comme sur le continent. Nous marchons le long de l’une d’elles dans un grand bruit de véhicules qui passent à côté.
Le temple est un des plus vieux de la ville et il est très très fréquenté. Les fidèles se pressent devant chaque salle et prie un peu partout, font des voeux en lançant des Jiaobei, des croissants en bois peint en rouge, bombés d’un côté qui doivent retomber sur deux faces opposés pour que le souhait se réalise après avoir dit son nom, son adresse et sa date de naissance en tenant les deux objets entre les mains devant son visage, tourné vers le pavillon central. Si je ne fais aucun voeux, je souhaite tout de même simplement lancer les deux pièces qui tombent comme il faut. La tradition veut qu’ensuite, on prenne une tige de bambou gravé d’un chiffre, qu’on refasse son lancé avec son voeux et qu’on aille ensuite tirer sa bonne aventure selon l’indication de la tige de bambou. Tous les fidèles le font, tout comme ils achètent de l’encens, instrument indispensable pour prier et marquer son respect à chaque divinité. Un fidèle dévoué peut sans doute passer beaucoup de temps dans cet endroit en raison du nombre de salles de prière. À mon avis, il y a aussi des gens qui restent toute la journée à lire des psaumes, complètement coupés du reste du monde, qui ne remarquent même pas ceux qui passent ou qui les prennent en photo. La visite vaut le détour pour les fidèles plus que pour le temple.

Cette troisième journée à plein temps se fait sentir dans le corps et dans les jambes. Nous faisons une pause dans un café où Noriko s’endort sur la banquette pendant que j’écris ce journal.
L’autre visite du jour est le marché de l’informatique trouvé dans le Petit futé… un guide que je ne recommande pas mais que j’ai acheté parce que mon Routard adoré sur Taïwan n’est pas encore écrit… terrible erreur ! Toutes les bonnes adresses où nous allons viennent du guide japonais de Noriko que je remercie chaque jour pour cela. Le Petit futé n’a quasiment que des adresses merdiques ou sans intérêt – en dehors des lieux cultes – ou approximatives. L’achat de ce guide est une première et une dernière ! Ce marché de l’informatique Guanghua (光華商場) est un ersatz d’Akihabara et il n’y a absolument rien en photo, ce que je suis venu principalement voir. Hong Kong reste pour cela aussi inégalée. Déçus, nous partons faire nos achats de souvenirs dans une pâtisseries des gâteaux à l’ananas très connue et ensuite un maraîcher bio – Jason’s fruits – que même Bill Clinton connaît car les fruits en provenance de ce magasin lui ont été servis. La petite boutique dans une petite rue est très sympa et on achète des fruits secs, des confitures et bien évidement, on peut déguster des jus de fruits, des glaces/sorbets ainsi que des préparations de fruits mélangés. Nous prenons celle avec du fromage blanc et des céréales qui mélange de la poire, du melon, de la papaye, du fruit du dragon, du kiwi et des fraises. Un vrai régal !
Jason's fruits - Taipei C’est avec les bras chargés de gros paquets que nous prenons le taxi pour passer à l’hôtel car le métro est trop dangereux avec le volume des sacs, de mon appareil photo et de mon pied. Qui plus est, la fatigue ne s’est pas envolée et cela va plus vite !
Environ une heure après, nous nous envolons vers la fameuse tour Taipei 101, fierté technologique de Taïwan, qui fut la tour la plus haute du monde avant d’être dépassée par celle de Dubaï, mais qui a toujours l’ascenseur le plus rapide du monde et qui contient une énorme boule de 800 tonnes en son 88e étage pour absorber les mouvements des vents et des typhons. Malheureusement, la terrasse extérieure du 91e étage est fermée pour les préparations du feu d’artifice du Nouvel an. À voir les photos, cela paraît colossal mais c’est bien dommage de ne pouvoir y accéder sachant qu’en plus, nous ne verrons pas le feu… Du 89e étage donc, derrière des vitres, j’arrive quand même à faire des photos de la ville, perché à près de 400 mètres… Jolie vue ! Il y a beaucoup de monde et la plupart sont des Chinois bien que cela coûte tout de même 400T$. Le centre commercial 84 étage plus bas est un hymne aux marques de luxe qui rivalisent à celle qui fera le sapin le plus luxueux et le plus grand… Quand on voit la plupart des gens qui viennent ici, je ne peux m’empêcher de trouver cela déplacé… mais quand on se balade dans le quartier autour, on comprend un peu mieux. On a aucunement l’impression d’être à Taipei avec les immeubles qui eux aussi rivalisent en signes extérieures de richesse et en cette période de fin d’année en décoration de Noël la plus voyante et chic… Il y a beaucoup d’argent par ici et ce quartier constitue un petit îlot dans une ville qui reste bien modeste.
Ticket Taipei 101 Nous allons vers le marché de nuit de LínJiāng (臨江街觀光夜市) pas trop loin de là, pour trouver un restaurant et un magasin de dessert car nous ne viendrons plus dans ce coin de la capitale. De la rue, je peux prendre le monstre de 101 étages avant de revenir dans la ville qui m’intéresse, le Taipei que j’ai l’impression de connaître un petit peu désormais. Le marché, même petit est sympa mais ne change pas beaucoup de celui de Shilin. Il y a surtout moins de monde. Nous y découvrons une boutique de vêtements d’occasion – « Hana » – très tendance avec des sacs à mains en forme de boule et un manteau adorable que Noriko essaie. Comme nous ne trouvons pas la boutique des soupes de nouilles, je demande à une petite vieille vendeuse qui va chercher ses lunettes pour parvenir à déchiffrer le nom écrit en tout petit sur le plan. Après moult discussions avec celui qui semble être son fils, elle nous explique en chinois mais devant nos rictus polis, elle nous prend par la main pour nous emmener juste devant. Adorable. Nous étions allés trop loin. Moins qu’un restaurant, 胡家米粉湯 est une échoppe avec une salle ouverte qui propose plein de choses à composer soi-même. La base est une soupe de nouilles courtes avec des oignons grillés et de la coriandre puis on nous conseille du radis chinois et du porc. Heureusement qu’une des vendeuses parle japonais car la cuisinière, adorable elle aussi, fait des ronds avec ces mains en nous expliquant en chinois ce qu’il faut faire… Equipés de nos plats, on nous assoie sur une table juste à côté de la cantine. On finit par sympathiser avec tout le monde : la cuisinière qui nous offre plusieurs choses à goûter parce qu’on la félicite sur ces plats, la vendeuse qui aime bien plaisanter et un jeune couple de locaux dont la fille parle très bien anglais. L’ambiance est géniale et nous donne la pèche ! Un peu plus loin, après le marché dans la rue perpendiculaire, 愛玉之夢遊仙草 qui prépare des desserts à base de gelée aux algues, de haricots rouges sucrés, de tapioca, de boules de riz et j’en oublie nous régale lui aussi. Dans un coin de la salle, pliés vers notre bol – on ne lève pas son plat à Taïwan – nous sourions de bonheur. 5 minutes après, nous entendons un cri qui nous interpelle : le jeune couple est venu aussi. Pas de problème, nous voilà fondu dans la masse locale et en plus aux adresses qu’il faut ! Nous rions de ce hasard et continuons un peu à discuter. La jeune fille a un anglais impeccable car elle étudie en ce moment même aux USA et qu’elle est revenue au pays pour les vacances de fin d’année. Noriko ne peut s’empêcher de commander un autre dessert qu’elle meurt d’envie de goûter sachant qu’on ne reviendra plus ici. Taïwan est aussi une destination gastronomique !
Loin du métro, loin de l’hôtel, nous rentrons en taxi.

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3 comments

  1. C’est intéressant de voir à quel point la découverte des cuisines locales sont en elles-même un voyage et permettent de découvrir et de rencontrer les gens.
    La pomme cannelle qui ressemble à un brocoli c’est très étrange!

    Pourquoi ne pas proposer au Routard de participer à leur guide puisqu’il n’existe pas?
    Pas de photos de lancers de croissants rouges?

  2. Oui, les gens sont vraiment adorables dans ce pays ! Pour la tour 101, je n’en ai personnellement aucune photo : on est allés dans une boîte assez connue juste sous la tour et je n’avais pas envie de me trimballer tout le matos. ^^;

  3. Ha ha, Brigitte lectrice exigeante. 😉 J’aime !
    Ah le Routard… il faudrait oui… hum hum…
    Photos 34 et 42, on voit les jiaobei et les tiges pour tirer la bonne aventure. 😉

    Tu n’es pas monté Fred ?
    Au moins, tu peux profiter de mes photos. ha ha 😀

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