
Bon, ben il ne fait pas froid en fait. Et pour une fin de saison des pluies, j’ai réussi à attraper un coup de soleil sur les avant-bras, le front et le nez… Ça doit être l’altitude…
Après le petit déjeuner, et ayant aperçu un petit panneau dans la chambre, je décide de tenter le coiffeur car je n’ai pas eu le temps d’y aller avant de partir. Avantage : ça coûte dix yuans, soit un euro, soit cent trente-cinq yens… Inconvénient : je me retrouve avec un centimètre de cheveux sur la tête… j’ai l’impression d’être un militaire étasunien… j’aime moyen 😕
2e étape primordiale de la journée : la location de vélo. Malgré l’expérience d’il y a un an et demi à Pékin, je veux retenter. Je ne conçois plus de me déplacer autrement qu’en vélo dans une ville. D’autant plus que je suis en Chine ! Le bonheur de se mêler à la foule mouvante de ces immenses avenues où les véhicules conduisent n’importe comment en klaxonnant sans arrêt. Le bonheur de voir cet éclectisme étonnant de vélos pourris, de scooters électriques dernière génération (il y en a énormément !)… sur lesquels on voit tantôt cette jeune fille réparant son maquillage… tantôt ce vieux maoïste au costume bleu qui a une gueule fabuleuse… tantôt cet homme en costume qui téléphone… ou encore ces deux campagnards à la veste croisée marron et au sourire carié. Phénoménal !
Comme Pékin, c’est plat ! À 2000 m ! C’est pas possible, ils doivent aplatir toutes les grandes villes.
En route pour la première destination : le marché aux fleurs et aux oiseaux. Je traverse une ville ultra-moderne assez moche. Grands bâtiments, grandes avenues. Les petites rues du marché sont adorables. Les vieilles maisons étonnantes avec de l’herbe qui pousse sur les toits ! Je retrouve toutes ces gueules fascinantes que j’adore photographier.
Des fleurs et des oiseaux ? Quasiment pas ! C’est pas très grave, je n’en voulais pas ! Il y a des gens partout. Des gens qui mangent, qui jouent, qui discutent, qui vendent ! C’est très vivant, c’est un régal. On a envie de s’asseoir avec eux.
De là, au bout d’une rue interdite aux vélos, on se retrouve sur une place immense, fraîchement construite. J’y vais pour voir les masseurs aveugles, très connus et réputés pour soigner alors que de vrais soins coûteraient beaucoup plus cher pour un pays sans sécurité sociale. Après le déjeuner, je file vers le vieux quartier musulman, soi-disant aussi typique d’un vieux Kunming. J’ai l’impression d’arriver à Bagdad. Que des champs de ruines… et des vendeurs devant. Un spectacle étonnant de désolation et de pauvreté. Pourquoi ? En reconstruction ? Relocalisation ? J’ignore… Je parcours une route (une rue ?) entre deux champs de ruines… les buildings modernes brillent un peu plus loin de leurs sommets ensoleillés.
Je continue plus au sud vers la pagode de l’est. Jolie pagode assez haute, de couleur beige. Dans son délicieux jardin, des papys et mamies boivent du thé en jouant au mahjong. Superbe décor. La balade continue pour prendre des repères plutôt que de galérer au dernier moment : l’arrêt de bus pour l’excursion de demain, la gare routière et l’achat du ticket de bus pour la seconde ville dans deux jours, China Eastern Airlines pour mon billet d’avion de ma troisième destination à mon retour ici, le 30 septembre, dans dix jours.
Je rentre à l’hôtel pour rendre ma pièce de musée de vélo (qui aura perdu une pédale en cours de route… réparation : quatre yuans, soit quarante centimes d’euro, soit soixante yens…) et je vais dîner pour goûter ces fameuses « nouilles qui traversent le pont », spécialité de la région. Le restaurant est atroce pour la déco et l’éclairage mais il est typique (je suis le seul étranger) et on me prépare un énorme bol de soupe et de nouilles avec tout un tas d’ingrédients. C’est bon ! Je peux aller me reposer !
Je pose donc mon vélo dans un parking et je me faufile dans les rues du marché aux fleurs et aux oiseaux :

Scènes de rue. Je tombe sur tout ça !







A l’un des coins de ces rues, je tombe sur une des plus vieilles pharmacies aux herbes médicinales de Kunming. Les consultations sont gratuites… et en face, une maison qui lui ressemble, avec l’herbe qui pousse sur le toit donc.

Je continue dans les rues…





Comme c’est l’heure de déjeuner, des petites voitures s’installent un peu partout, des magasins font chauffer tout un tas de trucs et les restaurants se remplissent.



Je repars donc vers la place immense et moderne…

Et je tombe sur les masseurs aveugles :

Mon déjeuner fini, je me dirige donc vers Little Bagdad…







Après moult réflexions et après mon périple à travers le Yunnan et les conséquences que j’ai pu en tirer, j’ai finalement compris ce qui s’est passé avec ce quartier musulman ravagé… Tout a été abattu pour être reconstruit. Il y a très peu à parier que les stands que vous voyez plus haut soient virés manu militari pour faire place à de grands buildings et autres rues plus propres…
Comme vous pouvez le voir sur l’avant-dernière photo de cette série, le panneau en aluminium dont on voit le dos est en fait une glorification de la Kunming nouvelle… et en effet, les buildings sont juste derrière ce panneau (ou devant, selon la position…). C’est triste, mais c’est comme ça…
Plus au sud, le petit havre de paix et authentique (pourvu qu’il résiste…) avec sa pagode et ses joueurs et autres lecteurs.





Le dernier là, lui, franchement, je l’adore ! Il est absolument magnifique ! MA photo de cette première journée !

En rentrant de l’hôtel, c’est l’heure de pointe. Embouteillage de vélos aux feux rouges !


Et enfin le restaurant du soir… avec les cuistos qui font leur pause après le rush !





