Portraits d’août 2013

Portraits du jour
▲ 7 août – Raja, 44, diamantaire – Okachimachi
J’ai rencontré Raja dans un restaurant indien végétarien dans le quartier populaire de Okachimachi. J’ai l’habitude de ne faire des portraits que de Japonais mais ma rencontre avec cet homme fut tellement intéressante que j’ai décidé de faire cette photographie après une bonne discussion de 20 minutes dans ce restaurant Vege herb saga.
Raja en est le propriétaire.
Avant tout, il est un spécialiste des diamants comme beaucoup de ses compatriotes qui vivent dans le quartier. J’ignorais que les Indiens étaient aussi calés sur le sujet et Raja m’expliqua que c’était une chose bien connue.
Il est né à Delhi mais a grandi à Jaipur où se trouve la maison familiale. Il est au Japon depuis bien longtemps comme diamantaire. Sauf que l’envie de promouvoir sa culture et ses traditions l’a toujours démangé. Il faut dire que c’est un excellent ambassadeur et qu’il vend très bien ce dont il parle. Sa tradition familiale est liée au jaïnisme. Il s’agit d’une des philosophies (religion ?) les plus anciennes et elle serait née en Inde il y a plus de 5000 ans… Au-delà de son aspect spirituel d’un monde infini, d’un corps cosmique, le jaïnisme proscrit tout idéologie, fanatisme et violence. Comme dans le soufisme, tous les intégristes et religieux un peu trop enthousiastes qui pullulent désormais comme s’ils suivaient la dernière mode devraient subir une explication des textes religieux par des janaïstes afin de leur montrer que tout endoctrinement et prosélytisme ne mènent à rien du tout si ce n’est à sa propre destruction. Il y a donc une cuisine qui en découle, une cuisine dans laquelle on ne trouve pas de viande comme celle proposée par ce restaurant. J’ai découvert ce jour-là des plats d’Inde du sud que je n’avais jamais dégustés jusqu’à présent et j’ai été conquis ! Ainsi, il y a presque 4 ans, Raja a souhaité promouvoir sa culture et sa cuisine grâce à un restaurant et ne pas se cantonner aux diamants. En cuisine, il y a le chef et son cuisinier qui préparent de bonnes choses. Les naan (que je n’ai pas goûtés pour changer) viennent d’une recette de sa grand-mère.
Raja m’a aussi un peu parlé de son métier de diamantaire. Cela consiste à acheter des pierres brutes aux pays producteurs, les faire tailler en Inde et les revendre ici à des clients prestigieux comme Mikimoto.

Portraits du jour
▲ 13 août – Hayashi san, 48, pâtissier – Kobe
Pas très loin de l’hôtel, il y avait la pâtisserie Monter plus haut du ciel que j’avais repérée sur le guide touristique japonais acheté pour le voyage. La devanture avec ses superbes carreaux de céramique au-dessus de la véranda valait à elle seule le détour. L’intérieur aussi, non seulement pour la superbe collection de pâtisseries qu’on peut goûter mais aussi pour les tables et les chaises qui me rappelaient la France. Pour un petit déjeuner, c’était parfait !
La commande passée, je demandai à une des vendeuses si le chef était dans le coin. Apparemment, il était dans les bureaux au-dessus et était occupé à autre chose. Sauf qu’un peu plus de 5 minutes plus tard, il arriva pour me voir. Il terminait de se préparer et nouait la ceinture de son tablier tout en s’avançant. La jeune femme avait dû lui dire qu’un client étranger le cherchait et il avait fini par descendre. Hayashi san est un homme adorable et modeste et nous avons sympathisé assez vite. Nous avons sympathisé d’autant plus vite que nous avions tout un monde en commun, celui des pâtissiers et des confiseurs. J’ai bien lancé quelques noms comme cela, histoire de voir et ils ont tous fonctionné. J’ai commencé facilement avec Jean-Paul Hévin qu’il connaissait. J’ai proposé Christine Ferber et il avait travaillé avec elle. Je me suis risqué avec Terai san d’Aigre douce à Tokyo et Hayashi san a souri comme pour me dire que je ne risquais pas de le coincer. Bref, nous discutions de toutes nos connaissances et il me semblait que nous étions d’accord pour qualifier les meilleurs parmi tout ce monde qui s’est bien développé à Tokyo pendant ces dix dernières années.
Hayashi san avait bien sûr travaillé en France. Question gâteaux, il lui restait absolument tout, sa touche personnelle en plus. Question langue française, rien ou presque… Quand je faisais des tentatives pour communiquer dans ma langue, il jouait de la tête pour acquiescer poliment mais il était évident qu’il ne comprenait qu’une petite partie. Il était revenu dans son pays depuis bien longtemps et ne parlait plus cette langue étrangère. Il avait travaillé avec plusieurs chefs-pâtissiers avant d’ouvrir son propre magasin, il y avait un peu moins de 8 ans. Le mobilier de la salle venait de France comme on pouvait s’en douter. Des chaises et tables massives au côté rustique mais très sobre, d’un bois foncé. Les carreaux de faïence de la devanture avaient été fabriqués en France car la couleur bleue et le doré utilisés ne font pas partie des techniques pratiquées au Japon. Sans qu’il ait été explicite sur le montant, j’ai bien compris que cela lui avait coûté une vraie fortune. Non seulement la commande sur mesure pour une devanture d’au moins trois mètres mais aussi pour l’importer au Japon. (voir ci-dessous)
Hayashi san me fit faire un petit tour du propriétaire assez rapide, surtout pour me montrer l’espace école de cuisine. Il donne donc régulièrement des cours dans son magasin et cela marche apparemment assez bien.
Cedric Riveau

Portraits du jour
▲ 13 août – Yasuo, 63, retraité – Kobe
Yasuo a bien rigolé quand je lui ai demandé son portrait. Une de ces réactions naturelles comme je les aime, une réaction qui exprime une vraie surprise : « Môa ?! Mais pourquoi ?! » Il attendait sa femme devant une parapharmacie dans une des fameuses rues commerçantes de Kobe et j’avais adoré son style très soigné d’un homme qui a toujours fait attention à ses vêtements, qui les choisit encore avec soin et qui s’occupe de lui. Il jeta bien un regard dans le magasin pour voir si sa femme ne sortait pas et il accepta. Etait-ce pour vérifier que nous avions assez de temps ou pour ne pas avoir à lui expliquer la situation ? Je ne sais pas. Je le mis au milieu de la rue piétonne et il eut un peu de mal à se détendre. Une chose était certaine, il voulait garder un air légèrement sérieux pour le cliché.
Il était né à Kobe il y avait 63 ans. Il était désormais à la retraite et en profitait. Il avait travaillé dans l’éducation mais je n’ai pas vraiment réussi à en savoir plus. Il me faut aussi avouer que j’avais un peu de mal à le comprendre car il parlait très vite sans tout à fait articuler. Il n’avait pas été enseignant mais avait travaillé dans l’administration, sans que je sache si c’était directement dans un lieu éducatif, dans une mairie ou dans un ministère.
Après avoir repris ses esprits, passé la surprise de ma demande, il se moquait gentiment de moi qui était trop flatteur, trop japonais dans ma façon de m’exprimer.
Pendant ce voyage, Yasuo était la première personne prise en photo dans la rue. Je ne pouvais m’empêcher de penser que les gens étaient bien plus détendus et abordables qu’à Tokyo. Ce n’est pas faute de rencontres incroyables ou de personnages comme Yasuo dans la capitale mais au fur et à mesure des rencontres dans le Kansai et le Chugoku, comme avec Yasuo, toutes les personnes auxquelles j’ai demandé ont accepté en toute simplicité.

Portraits du jour
▲ 14 août – Yukihiro et Sakurako, 42 et 4 mois, IT – Himeji
Comme pour Yasuo, Yukihiro attendait sa femme devant un magasin. Cette fois-ci, c’était dans la gare JR de Himeji et devant une boutique de souvenirs. Un papa harnaché de sa fille m’apparaissait comme un portrait intéressant. Sauf qu’il fut impossible d’avoir le regard de Sakurako vers l’objectif. Même la mère est venue m’aider, se mettre derrière moi en appelant sa fille, rien à faire. Il faut dire qu’il y avait des milliards de choses à regarder, tout un nouveau monde à analyser et à l’intérieur de la gare, entre les centaines de passants, les couleurs, les formes, les lumières, il y avait de quoi faire. Yukihiro lui était impassible.
Pendant que je discutais avec lui, sa femme sortit et lui demanda ce qu’il se passait. Après une très brève hésitation, elle était très contente que son mari et sa fille posent pour moi. La fierté avait remplacé l’hésitation. Elle m’expliqua la poitrine gonflée que parce que sa fille était née en mars, elle avait choisi ce prénom. (sakura signifie cerisier et ko s’utilise pour les enfants)
Yukihiro est né à Kobe et ils étaient venus voir ses parents qui habitent à Himeji. Nous étions en plein milieu de la saison d’Obon, un moment où les Japonais rendent visite à la famille. Je fus surpris de constater qu’ils habitaient, lui et sa femme, à Hokkaido. Yukihiro avait été nommé à Sapporo depuis quelque temps déjà. Il travaillait dans l’informatique. Comme il venait d’un endroit bien plus doux, surtout en été, je lui demandai s’il était content de retrouver la chaleur. À ma grande surprise, il me dit que oui.

Portraits du jour
▲ 15 août – Kubota san, 71, retraité – Kurayoshi
Au milieu de cette rue incroyable que je découvrais à Kurayoshi, ébloui par ce petit canal le long de ces vieilles maisons reliées par un pont en pierre à la rue, il y avait Kubota san, une « gueule » du coin à laquelle il me fallut demander aussitôt que je le vis. Il traînait la savate tranquillement et rentrait chez lui. À son rythme. Il accepta avec une moue assez inexpressive mais qui montrait pourtant clairement qu’il voulait bien que je fasse son portrait. Quand nous nous mîmes à discuter, je compris tout de suite que j’aurais beaucoup de mal à le comprendre. Mon japonais étant ce qu’il est, face à un accent prononcé, face à un adorable petit vieux qui articule très peu, mon niveau régresse fortement et mon oreille n’est pas assez habituée pour comprendre ce qu’on me dit. Je me retrouve à acquiescer plus qu’autre chose, ne voulant pas fatiguer mon interlocuteur par mes « Pardon ? » J’avais beau lancer des regards à Cyril pour qu’il m’aide, sa mine déconfite montrait la même incapacité que moi à tirer quelque chose des propos de Kubota san.
À 71 ans, il était bien sûr à la retraite. Toute sa vie, il avait été fonctionnaire et avait en charge des mouvements du personnel d’une province à une autre dans cette région du Chugoku. Lui même n’avait apparemment pas subi de nomination vers un autre endroit et était du coup resté toute sa vie à Kurayoshi. Il y était d’ailleurs né et il m’a semblé comprendre qu’il n’avait quasiment pas bougé durant sa vie. Il habitait dans la rue, un peu plus loin derrière moi.
Il avait l’air assez content de la rencontre et il prit l’initiative de nous serrer la main au moment de partir. Cela me fit très plaisir.

Portraits du jour
▲ 15 août – Yabuki san, plus de 80 ans, propriétaire – Kurayoshi
Un peu plus loin, dans une rue tout aussi typique de la ville mais sans rivière au pied des maisons, Yabuki san écrasait les derniers bouts de billet funéraire qui brûlait et une fois éteint, elle balayait les restes avec sa petite balayette qu’elle tenait dans la main droite. Il restait la marque de la brûlure sur la pierre à côté de son magasin, marque du carbone qui montrait qu’elle avait bien effectué le rituel, comme tous les voisins étaient en train de le faire au même moment, plus ou moins. Ce n’est qu’après que je compris qu’il s’agissait d’une tradition liée directement à Obon et qui consistait à accueillir l’esprit des ancêtres. À ce moment-là, on brûle de l’encens, un billet funéraire ou du papier-mâché pour eux.
La vision de cette adorable mamie devant son magasin m’attira comme un aimant et je me retrouvais à lui demander son portrait avant même d’avoir réfléchi à mon intrusion. Elle nous accueillit avec un immense sourire et fit mine de refuser pour la photographie, toute coquette qu’elle était afin de me montrer que je devais mériter mon cliché. Elle tenait une boutique d’artisanat de la région et vendait principalement des souvenirs. Au moment de partir, elle entra dans sa boutique en nous disant qu’il fallait absolument que nous repartions avec quelque chose. Alors que je crus qu’elle voulait nous faire acheter un objet, après tout pourquoi pas ?, elle secoua la main pour dire qu’elle voulait nous offrir quelque chose pour me remercier. Le monde à l’envers.
– Que diriez-vous d’un cure-oreille ? C’est très pratique les cure-oreilles et j’en ai de très mignons !
Cyril était bouche bée et essayait de refuser en disant qu’il n’avait rien fait, peu habitué comme moi à la gentillesse des gens, des inconnus comme j’avais pu la constater à tous les coins de rue depuis plus de 2 ans.
Le magasin existait depuis plus de 90 ans. Elle le tenait – malgré son âge avancé – avec ses enfants. Nous rencontrâmes une de ses filles au moment de partir qui venait voir ce que faisait sa mère car elle ne revenait pas. Yabuki san nous parla aussi de ses petits enfants qui avaient étudié à Tokyo, l’une d’elle vivait même aux États-Unis. Elle en parlait avec une très grande fierté même si elle ne s’était jamais rendue dans ce pays. Elle appela aussi sa vieille chienne qui arriva le pas tremblant pour les présentations. La pauvre bête était presque aveugle et nous sentait plus qu’elle nous voyait. Son mari était décédé à 83 ans, il n’y avait pas si longtemps que cela. Elle nous salua le plus poliment du monde, en nous remerciant comme des invités de marque, c’était touchant.
Elle est adorable.

Portraits du jour
▲ 17 août – Yoshimi & Kazuo, 84 & 78, retraités – Izumo taisha
En ce début d’après-midi, il faisait une chaleur de plomb en beau milieu du sanctuaire d’Izumo taisha. Afin de mieux apprécier le bâtiment central, de le prendre en photographie, je m’étais retrouvé avec toutes ces personnes qui profitaient de l’ombre d’un autre édifice. Parmi elles se trouvaient Yoshimi et Kazuo qui étaient à côté de moi. J’avais commencé par m’excuser de pénétrer dans cet espace qu’ils avaient privatisé pour un temps car j’avais dû me glisser entre deux groupes. Cela n’avait pas loupé : mon japonais n’était pas passé inaperçu et Kazuo m’apostropha de manière familière mais tout à fait courtoise pour exprimer sa surprise et son plaisir de rencontrer un Occidental qui s’intéressait à sa culture. Si la discussion commença autour de moi, je récupérais par la suite la main jusqu’au moment où je pouvais leur demander un portrait.
Ils étaient en fait en famille. Kazuo habite Izumo avec Yoshimi – sa tante – et des parents venaient lui rendre visite. Il était lié à la région justement par elle qui avait une maison juste à côté du sanctuaire. Son mari était décédé il y avait presque 15 ans et Kazuo était justement venu s’installer à ce moment-là, au moment de sa retraite. Il avait voulu s’occuper de sa tante restée seule et de la maison. Il n’était pourtant pas né ici même si ce n’était pas si loin : Nagasaki à Kyushu. Après un plus ou moins rapide calcul mental grâce au pauvre neurone esseulé dans l’immense cavité cérébrale de ma tête, je savais qu’il avait été enfant au moment de la seconde bombe A. Kazuo se demandait comment il avait pu échapper aux radiations et vivre encore aujourd’hui en bonne santé sachant que son père, sa mère et sa sœur étaient décédés l’un après l’autre des conséquences de cette infamie (in)humaine. Il en parlait avec une certaine sérénité troublante. En presque 70 ans, il avait dû prendre le temps de digérer la chose, de faire son deuil. De plus, je ne pouvais me permettre la grossièreté d’insister sur le sujet s’il ne s’en sentait pas l’envie. Le lieu ne s’y prêtait pas non plus.
À Kyushu, il avait travaillé chez Mitsubishi. Yoshimi elle était né à Kobe. L’un et l’autre furent ravis de savoir que j’avais visité leur région respective.

Portraits du jour
▲ 18 août – Ishibashi san, 60, guide – Iwami ginzan
L’incroyable Ishibashi san. L’infatigable Ishibashi san. Une fois à la retraite, une retraite bien méritée après le travail d’une vie – élever des enfants -, cette charmante jeune grand-mère a décidé de prendre un travail, de se rendre utile auprès des touristes. Elle adore son métier ! Il lui permet de rencontrer plein de gens différents et intéressants, des gens motivés par la visite de ce site du patrimoine mondial : les mines d’argent d’Iwami Ginzan.
Quand nous l’avons abordée, elle était un peu inquiète car elle ne fait que baragouiner en anglais et à l’idée d’avoir une conversation et se lancer dans des explications dans la langue de Shakespeare lui donnait des sueurs froides. Elle s’apprêtait à nous orienter vers une autre personne plus compétente. Sauf que nous parlions japonais et elle retrouva aussitôt le sourire, encore plus heureuse que la normale, en raison du plaisir de présenter ce lieu qu’elle aime à des Occidentaux, dans sa langue.
Ishibashi san est intarissable, comme si elle connaissait tous les secrets du lieu. La visite se passe ainsi : on passe par le centre d’information où on gare sa voiture afin d’avoir une visite assez rapide de l’exposition permanente qui présente l’histoire de ces mines du XVIe au XIXe siècle… Puis, en fonction du temps dont on dispose pour la visite, le personnel nous conseille les lieux à visiter en priorité. Nous avions prévu la journée, Ishibashi san pouvait nous livrer toutes ses recommandations, tous ses secrets. Nous l’avons rencontrée à 10h30 le matin et sommes retournés la voir à 16h30 pour lui faire le bilan de notre journée. Elle a regardé l’horloge au mur et à saluer notre performance d’une moue qui en disait long sur le temps que nous avions passé sur le site. Elle en était très fière si bien que nous aussi. J’ai fait son portrait à ce moment-là.
Ishibashi san a commencé ce travail il y a 6 ans. Le dernier de ses enfants commençait à être indépendant et elle retrouvait un semblant de liberté. Elle était la mère de trois enfants de 23, 26 et 30 ans. Mine de rien ! (ha ha !) Les deux plus grands vivent un peu loin, à Shiga et Osaka. Le dernier, peut-être un peu plus choyé, n’a pas de travail fixe ce qui inquiète bien évidemment sa mère. Il accumule les petits boulots. Il l’aide aussi à s’occuper de sa grand-mère maternelle qui est bien âgée maintenant. Comme je discutais avec une femme ouverte et bavarde, je lui ai demandé de me montrer ses enfants. Elle n’avait qu’une photographie sur son vieux portable avec sa mère et sa fille. Les trois générations de femmes de la famille. Malgré la qualité assez mauvaise de l’écran, leur ressemblance était frappante. Ishibashi san confirma :  » Ma fille ? C’est mon clone ! »
Juste avant que le centre ferme et qu’elle rentre chez elle, Ishibashi san voulut absolument nous montrer la vidéo qui tournait et montrait la reconstitution des fondeurs tel qu’ils travaillaient à l’époque. Elle jouait dedans et nous expliqua que cela l’avait beaucoup amusée.

Portraits du jour
▲ 19 août – Misako & Yuri, 21, étudiantes – Osaka
Je n’étais pas retourné à Osaka depuis des années. La balade dans la fameuse rue piétonne de Dotonbori me donna un sourire et un plaisir que je n’aurais pas imaginés. Cette foule compacte pourtant tranquille qui se déplaçait sous un soleil éclatant me donnait des ailes. Ça grouillait et j’en redemandais ! Sur le très fameux pont de Ebisu bashi, entre Dotonbori et Shinsai bashi, Misako et Yuri se prenaient en photo à bout de bras en essayant de mettre la façade Glico en arrière plan. Comme elles n’y arrivaient pas, j’ai presque pris l’appareil des mains de Misako en disant que j’allais les aider. Leur demander leur portrait par la suite n’en serait que facilité. J’ai bien remarqué que je les avais un peu choqué par cette demande intéressée mais j’ai sorti mon plus beau discours pour parvenir à mes fins. Il me fallait surtout les rassurer sur mes bonnes intentions et bien que très légèrement scandalisées, elles comprirent que je n’avais rien d’un sadique ou d’un satyre.
J’étais pour ma part ravi de prendre une personne originaire d’Osaka au beau milieu de ce quartier mythique. Yuri était donc née ici et Misako de Tokyo venait rendre visite à son amie, d’où la photographie sur le pont. Elles étaient l’une et l’autre étudiantes et passaient une partie de leurs vacances ensemble. Quand j’ai annoncé ma nationalité, j’ai vu leurs yeux s’agrandir. Misako partait quelques jours à Paris et Toulouse pendant le mois de septembre. Je lui souhaitais un très bon voyage en lui glissant quelques recommandations car elle y allait pour la première fois.

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2 comments

  1. C’est toujours un plaisir de venir lire tes nouvelles anecdotes !
    Merci pour ces petites tranches de vie qui font du bien à lire 🙂

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