Hong Kong – 27 mars 2009

Hong Kong - Journal de voyage
Troisième jour
Pas de musique matutinale cette fois-ci mais la femme de ménage car nous avons oublié de mettre Do not disturb sur la manette de la porte. Les deux bêtes de notre grotte nocturne l’accueille d’un grognement, ce qui la fait fuir en s’excusant. L’hôtel est finalement assez bruyant, ce qui me gène pendant la nuit, quand les voisins de la chambre à côté ne trouvent rien de mieux à faire que de discuter à grande voix. En pleine journée, je m’en moque mais à 4 heures du matin, ça le fait moins.

J’observe la météo sur le net juste après le réveil ce qui n’est pas sans m’inquiéter: de la pluie est prévue pour aujourd’hui, des orages pour samedi ou dimanche… J’ai rarement eu une météo aussi pourrie pendant un voyage. Ce n’est guère réjouissant. En espérant que le temps sera plus clément en début de semaine prochaine, nous planifions la journée à Macao ou la montée du mont Victoria à ce moment-là. Nous décidons donc de retourner sur l’île de Hong Kong pour la voir de jour, pour utiliser le plus long tapis roulant du monde, pour errer dans les rues de Central et Causeway bay. Déjà quelques repères sont en place pour aller vers les ferries, nous prenons les raccourcis. Sur la promenade, les immeubles sont encore plus dans une brume épaisse et cotonneuse. Nous sommes assez pessimistes.
Le ferry, de jour, à un autre aspect. Les vieilles machine sont bien entretenues et ils donnent un caractère authentique au paysage. Ils ne manquent plus que les jonques mais elles doivent être à un autre endroit. À nouveau, en ce jour, en pleine journée, l’idée des niveaux aperçus hier se confirme. Beaucoup plus animée, on reconnaît la capitale financière avec ses banquiers. Les lignes qui montent jusqu’au ciel poussent à prendre des photos debout, verticales. Si proches, il faut se tordre le cou pour voir les sommets des constructions. Les tramways vont et viennent. Ils ressemblent à de vieux jouets métalliques. Sur les portions courbées des rails, les roues émettent une plainte attachante qui montent en écho le long des immeubles. Les verts sont les plus sympathiques car les plus pittoresques. Les autres sont trop recouverts de publicités.
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Ce qui est intéressant aussi avec l’île, ce sont les contrastes à l’intérieur d’un même quartier. Autour de Central, avec une station de métro du même nom, on trouve les grands centres financiers, les centres commerciaux – qui permettent aux marques de luxe de s’en donner à cœur joie (il semble même y avoir un centre commercial Armani où on trouve toutes les boutiques de vêtements homme ou femme mais aussi un bar, un restaurant du nom de Giorgio) – puis des coins comme Soho (contraction de South of Hollywood road) aux rues biscornues et montantes, avec ses restaurants du monde entier – Yvan The Kozack m’a fait halluciner – et il suffit de tourner dans une rue à gauche pour se retrouver dans un quartier populaire avec son marché local et ses étals de fruits et légumes. Il en est de même pour les quartiers financiers où on trouve un mini centre commercial philippin. Tout cela m’amuse et m’émerveille car ils constituent la richesse de cette ville.

En pénétrant davantage dans Central, on finit par tomber sur le fameux tapis roulant en discontinuité sur deux kilomètres. Encore un endroit qui forme un niveau en lui-même. La rue est plus bas et suit le même trajet. La passerelle du tapis roulant est à la hauteur des étages des immeubles tout proches. Je scrute pour apercevoir une Maggie Cheung de In the mood for love, un intérieur de The killer… En fait, ce sont principalement des magasins qui font ainsi leur publicité. Les gens vont et viennent dans tous les sens. La faune est très internationale et j’adore ça! On peut entendre toutes les langues – dont du français car la plus grosse communauté en Asie se trouverait à Hong Kong. L’anglais passe presque systématiquement. Très vite, on remarque les chinois nés au contact des anglophones – ils ont un anglais magnifique – et ceux ayant grandis uniquement au contact du chinois et dont l’anglais est beaucoup plus difficile à comprendre. La veille, lors de l’achat de l’adaptateur pour mon ordinateur, l’homme a dû répéter quatre fois three hundred avant que Christelle me le décode. Il m’était impossible de comprendre le three.
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La montée creuse l’estomac et en raison de l’heure – 14 heures, nous décidons d’aller manger. Nous sommes en plein Soho – avec ses rues qui montent et qui descendent dans tous les sens – qui déborde de restaurants du monde: libanais, grec, russe, étatsuniens… ok ils sont peut être bons mais nous, on veut manger chinois! Après avoir tourné cinq minutes, je suggère de nous rendre au mythique Luk Yu tea house (24-26 Stanley street), un restaurant traditionnel et ancien qui propose les fameux dim sum. En raison de l’heure tardive, il n’y a pas trop de monde et nous pouvons être assis au rez-de-chaussée dans un compartiment aux bancs en bois, aussi anciens que le lieu et les serveurs. D’après les lectures que j’ai pu faire sur cet endroit, c’est une véritable chance pour nous car la salle est souvent bondée et il faut aller aux étages, beaucoup moins typiques. Le menu qui propose des photos de chaque plat est accompagné d’une feuille A4 rose sur laquelle figure ce qu’on peut manger cette semaine. Il suffit d’indiquer la quantité dans les parenthèses prévues à cet effet. On fait le boulot des vieux serveurs en veste blanche qui ne s’arrêtent même pas pour répondre aux questions. Trop fort ces chinois! L’endroit est authentique et même s’il est un peu cher, nous prenons notre premier grand repas du séjour. Les plats sont excellents! Un bonheur pour les papilles. Une grande pensée s’envole vers mon petit Benoît qui nous envie à mort d’être à Hong Kong qu’il adore. Nous restons un bon moment dans ce petit paradis, hors du temps. Certes, j’aurais aimé le voir en pleine activité, bruyant mais nous n’aurions pas eu cette salle, ni notre petit compartiment aux dossiers décorés d’un miroir biseauté ovale aussi d’époque. Les beignets vapeur sucrées en dessert finissent de nous achever et nous pleurons de bonheur.

La très très grosse mauvaise surprise, le choc même, nous attend à la sortie: la pluie. Nous sommes écœurés. Une pluie qui va durer plusieurs heures et qui va nous empêcher de nous promener comme nous le voudrions, m’empêcher de prendre des photos et ralentir notre progression. Nous allons tout de même jusqu’au temple Man Mo à l’ouest, dans Hollywood road. Composé de trois parties (une peut être visitée), il est encerclé de gratte-ciel ce qui rend la vue étonnante. Construction coloniale du XIXe siècle, il est dédié à Mo Tai (dieu de la guerre) ainsi qu’ à Man Cheong. Il est vivant et très actif. Les murs sont décorés de petites statues ou de ce qui semble être des plaques votives. La pluie ne se calme pas. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous abriter dans un café. Le premier sur lequel nous tombons est assez classieux, il est tenu par un Français et s’appelle Duo. Le chocolat chaud l’Africain est excellent. Nous attendons. D’autres clients français viennent…
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L’accalmie arrivant, nous nous échappons… mais c’est pour mieux retomber dedans. Une boutique d’objets vintage nous protège. Les galeries d’antiquaires de Hollywood street aussi. Elles constituent de véritables musées! Il y a des pièces inestimables qui ont plusieurs milliers d’années. Plaisir des yeux. Finalement, la pluie diminue pour s’arrêter un peu plus tard. Nous repartons vers l’est, le but étant la cathédrale Saint Jean. Pas de Causeway bay aujourd’hui. D’autres « vestiges » coloniaux comme l’ancien quartier général de la police, Duddle street et son escalier aux lampes à gaz ou justement la cathédrale balisent le parcours. Nous nous faufilons à un moment dans une rue entre deux niveaux, trouvée par hasard au milieu des immeubles, je vis mon délire Ghost in the shell, enfin! Le passage se termine par un escalier très étroit qui m’amuse. Je sors plus haut, dans une rue, ma tête dépasse au niveau de la chaussée comme si je sortais de terre. Je fais des signes de la main aux automobilistes qui se marrent en me voyant. Nous continuons de monter jusqu’à Upper Albert road. On dirait que nous sommes à mi-chemin du sommet. Mais la cathédrale se trouvant un peu plus bas, nous ne continuerons pas notre ascension. En redescendant vers Central, les tours des grandes banques permettent de s’orienter et de savoir où nous voulons aller. C’est la première fois que nous passons aussi près des quartiers généraux de HSBC ou de la Bank of China tower, l’immeuble imaginé par Pei l’architecte de la pyramide du Louvre. 368 mètres de hauteur, 70 étages qui renferment 45 ascenseurs, elle aussi est conçue – comme tout le reste ici – selon la discipline de la géomancie chinoise qui repose sur le vent et l’eau (à Hong Kong, cela paraît particulièrement approprié): le Feng Shui. Le principe est d’accorder les oppositions afin d’établir le meilleur équilibre entre l’homme et son environnement. Ainsi Pei a voulu représenter une jeune tige de bambou s’ouvrant à la lumière du jour.

La cathédrale est fermée. Comment une maison de dieu (sic) peut-elle être fermée?! Je parviens tout de même à m’y glisser par une porte de service et découvre un chœur qui répète. Le chant dans un sanctuaire a toujours quelque chose de particulièrement émouvant. Plus bas, nous l’apercevons seulement car il fait désormais nuit – il est un peu plus de 19 heures – l’ancien bâtiment de la mission française avec sa coupole, lui aussi vestige colonial. Les panoramas verticaux pour les tours se succèdent ainsi que les photos la tête en l’air. Nous en avons rapidement mal au cou. Le hall de HSBC – aperçu de plus haut lors de la descente – ne déçoit pas. Le bâtiment créé par Sir Norman Foster est en fait creux. Une véranda intérieure – au-dessus de nos têtes lorsqu’on est dans le hall – se trouve donc en bas de cet espace vide. Des hommes – ressemblant à des Spiderman pour l’occasion – nettoient les vitres et semblent flotter.
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Comme je souhaite faire des photos de nuit de Kowloon et ses panneaux publicitaires, nous repartons vers le ferry. Déjà ce matin, en le prenant, nous nous étions dirigés vers le pont inférieur (lower deck). Ce n’est qu’une fois sur le bateau que j’ai réalisé qu’on peut embarquer sur le pont supérieur ou inférieur mais qu’ils ne communiquent pas. Cela ne change pas grand chose car le upper deck n’est pas découvert. Nous sommes simplement un peu plus près des moteurs rutilants de peinture blanche. Il est 20 heures quand nous traversons et je peux apercevoir Symphony of lights du bateau. La météo étant toujours aussi capricieuse, la spectacle n’est pas très différent d’ici. Du côté de Kowloon, la foule regarde  et nous retrouvons cette musique parfaitement minable. En marchant sur la promenade, nous comprenons qu’il y a aussi un spectacle de ce côté. Le centre culturel de Hong Kong – qui ressemble à une immense antenne – se teint et s’anime de points lumineux colorés.

Après un passage dans la chambre pour récupérer mon pied, je cherche à attraper le métro pour monter dans le nord de Kowloon. Je réalise alors que la station à côté de l’hôtel est un terminus et n’est pas reliée à la ligne que je veux utiliser. La station East Tsim Sha Tsui est différente de Tsim Sha Tsui, qu’on se le dise! Je galère comme jamais! En suivant la simple indication « Subway », je me perds dans des couloirs sans trouver l’entrée de la station. Je ressors, je redescends trois fois de suite car je me retrouve toujours à East Tsim Sha Tsui et non à l’autre. Je peste à haute voix. Je parviens à trouver et la station est finalement bien trop loin. j’aurais dû prendre le bus car je n’ai qu’une station à faire en métro! Le quai est assez high tech. Des portes vitrées empêchent l’accès aux voies et on aperçoit des panneaux publicitaires lumineux ainsi que des écrans de télévision qui diffusent des bandes annonces derrière ces vitres. Les rames sont en fait assez bondées. Je descends à Jordan, au carrefour de Nathan road et Jordan road. Les panneaux publicitaires sont là. Je suis tout de même assez fatigué et le poids du matériel photo n’aide pas. Je me balade un peu dans les rues autour de marché de nuit qui n’a aucun intérêt. Finalement, je suis moins impressionné par les enseignes que je ne l’aurais cru. Je m’attendais à un choc plus important. Elles sont bien là, de toutes les couleurs avec ce bruit mythique des néons qui grésillent mais je m’attendais à une plus grande claque. La fatigue? Je marche jusqu’à l’hôtel et j’arrive les jambes en compote. Je découvre un coin de la péninsule qui semble être tendance avec ses cafés bruyants mais on est loin de l’ambiance de l’île. Autour de Hart avenue, les cafés cherchent des clients même si l’un d’eux, au sol jonché de cosses de cacahuète (atroce!) est plutôt comble. Je rentre avant Christelle qui était partie se balader de son côté.

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Voici la galerie de photos du 27 mars.
Il y a cinq panoramas.
Le premier: pris d’une passerelle de Central – 11 images – 326kb.
Le deuxième: dans le petit passage – 7 images.
Le troisième: 15 images
Le quatrième: 17 images
Le cinquième: 11 images
Passez votre souris sur la droite de la photo et cliquez pour voir la suivante.

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12 comments

  1. o-o-o-wow!

    Ah je connais cette façon de visiter les villes qu’on arrive à en être épuisé le soir.

    Sublime. je ne connais pas HK mais ça commence à ressembler à une vrai ville dans mon esprit.

    Je visite les photos en me promettant bien d’y revenir !

    Merci et… vivement la suite lol

  2. Chouette, une nouvelle journée à HK !!
    Ceci dit, à ce rythme-là on n’est pas
    près d’en voir le bout; du voyage…
    je plaisante (^_^))+++
    Et merci pour le lien ! Des signes et des
    couleurs, si ça fait pas la paire ça !!!
    A plus tard !

  3. Allo Cedric,

    C’est Yumi ( from saturday morning class).

    j’adore votre hong kong photo! C’est Merveilleux!

  4. Toujours penser, en voyage, à emporter des boules Quiès! A quoi correspondent les suspensions autour d’un papier rouge dans le temple?

  5. @Gil
    Merci! On voyage de la même façon alors!

    @benOit
    😛
    Une paire de rêve! Une équipe qui gagne oui! 😉

    @Yumi
    Hey Yumi chan! Merci beaucoup pour votre message! 😀

    @Réginald
    Merci à toi fidèle lecteur!

    @Brigitte
    J’ai TOUJOURS des boules Quiès avec moi. 😉 Quant aux suspensions, j’en ai parlé dans la journée précédente au moment du temple Hin Tau. C’est de l’encens.

  6. salut mon gars, c’était juste pour te dire que nous on est à YEU, pour les photos, c’est plus maritime… A chacun ses voyages. Continue ç’est bien.

  7. Très belle journée encore malgré la pluie!! 🙁 mais bon prévoyante comme je suis, on avait un petit parapluie … rose!! Mieux que rien 😉
    De mon côté, le soir j’ai fait un tour dans Tsim Sha Tsui et les rues commerçantes (Nathan Road, Canton Road). Aucun intérêt particulier. Trop de touristes, trop d’Indiens qui t’abordent pour te vendre des Rolex, trop de restaurants à la clientèle européenne et américaine dans Knutsford Terrace.
    Bref, de jolies couleurs dans les rues mais rien de bien plus intéressant pour moi. Je me suis un peu perdue pour rentrer mais cela m’a permis de goûter un jus d’avocat… faut bien essayer des trucs dans la vie hien Linou ?? Un petit jus d’avocat, ça te dit ??

  8. Je découvre cette nouvelle journée avec bien du retard mais ça n’en est que meilleur ! Vivement la suite. 😉

  9. @corinne
    Merci

    @christelle
    C’est cool tes informations supplémentaires! N’hésite pas!

    @Fred
    Elle arrive la suite! 😉

    @momo
    Merci pour tous tes commentaires! 😀

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