Jour 9 – 31 XII 2008 – Angkor

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New Year - Nouvel an - Siem Reap - Cambodge - Cambodia

Arf… une nuit bien difficile en raison des cris de volailles non identifiées… Nom de Zeus mais ça réveille personne? Y a pas une âme dévouée pour dynamiter tout ça? La nuit qui précède la Saint Sylvestre, pas cool… Que vais-je faire ce soir? Je l’ignore. Quelque chose ou rien, cela m’importe peu. Une petite soirée dans l’hôtel semble se profiler selon un des gars de l’accueil. Je peux retourner à Bubble T où j’ai sympathisé avec Yen, la responsable taïwanaise et qui habite au Cambodge depuis 6 ans. 6 ans d’expatriation… tiens, ça me rappelle quelqu’un…

Pour la suite de ma visite d’Angkor, je souhaite aller au nord du grand tour, après Angkor Thom pour visiter trois ou quatre temples. Après quelques allers-retours dans l’hôtel et sur la route parce que je n’arrête pas d’oublier quelque chose (ma nuit y est pour quelque chose), j’arrive à partir pour de bon. Auparavant, je passe au Blue pumkin qui fait un excellent pain! En repartant, coup de sifflet et un policier me fait signe:
– That is a one way street!
– Oh I am so sorry…
– This is a one way street
répète-t-il froidement comme pour me prévenir tout de suite qu’il est borné. Two dollars!
– Two dollars?!
– Yes! Licence please!

Je fouille dans mon sac et ne trouve pas mon permis. Je sors un billet de 10$.
– You have change?
– No! Go inside!
Il désigne les magasins derrière lui. Je fais de la monnaie et lui donne 2$ qu’il met dans sa poche…
– Can I have receipt?
– Go to station!

Ben voyons… Ok, j’ai pris un sens interdit et deux dollars, c’est rien payer mais le sentiment que cet argent n’ira pas alimenter les caisses de l’Etat me paraît évident. A moi de faire attention et de retrouver mon permis! Mais où peut-il bien être?… Je n’en ai aucune idée!

J’attaque ma quatrième journée de visite sous de gros nuages. Pas de menace de pluie, j’en suis sûr mais le soleil va me faire cruellement défaut… Cela se découvre néanmoins pendant la journée mais il reste voilé la plupart du temps.

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Je commence par Preah Khan [pré kan] à environ trois kilomètres du Bayon. A nouveau une ancienne ville immense de 50 hectares. Le temple est effectivement grand, surtout très long et il est superbe. De nombreuses décorations sont conservées et donnent une idée de la magnificence de l’endroit. Il y avait même une université bouddhique. L’ensemble était constitué de 5324 villages…

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preh Khan - Panorama - Cambodia - Cambodge

Comme Ta Phrom, la végétation a été conservée et on trouve de merveilleux mariages des matières. La longueur du temple donne des enfilades de portes particulièrement impressionnantes. Je retrouve aussi – comme hier à Banteay Kdei – des salles qui devaient accueillir des personnalités et de nombreuses danseuses. L’endroit me charme beaucoup. L’autre sensation qui ne nous (me?) quitte pas au fur et à mesure de ces visites est la découverte aventureuse. Il suffit de passer par une fenêtre en dehors du chemin touristique, de grimper sur quelques pierres – dans la limite du raisonnable – pour avoir l’impression d’être aussi un découvreur-chercheur. La sensation est excitante! Je reste aussi un long moment ici aussi.

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preah Khan - Cambodge - Cambodia

Preh Khan - Panorama - Cambodia - Cambodge

Neak Pean qui n’est pas loin n’a rien à voir avec tout ce que j’ai vu. Ni cité royale, ni temple-montagne, il s’agit en fait de bassins. Jayavarman VII l’a fait construire vers la moitié du XIIe siècle. Un bassin principal assez grand, avec des escaliers, est entouré de quatre bassins plus petits. Vides pendant la saison sèche – en décembre – ils étaient remplis d’eau qui coulait de tous les animaux légendaires construits sur le temple et sur les côtés, animaux de la mythologie bouddhiste: les nagas (très grands), un cheval et autres. Le temple au centre constituait une petite île. Il y coulait une eau sacrée avec laquelle les pélerins s’apergeaient.
L’endroit est étonnant.

Neak Pean - Cambodge - Cambodia

Neak Pean - Panorama - Cambodia - Cambodge

Toujours sur la même route, un peu plus loin, Ta Som [ta some] m’attend. Ce santuaire possède une entrée avec une tour à quatre tête très belle.

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Dans l’idée de Ta Phrom, Banteay Kdei ou comme ce matin, Preah Khan, je me trouve à un endroit construit sur la longueur, qu’on traverse d’est en ouest ou inversement. Il est cependant beaucoup plus petit et intime que les autres et me plaît aussitôt. Lui aussi a la nature intégrée à ses murs et je comprends que depuis le début, je cherche justement cette communion, que depuis le début, avant même que j’arrive, je souhaite trouver des endroits sauvages où la nature à repris ses droits. Je réalise en venant à Angkor que je n’aurai pas ce contact en raison du balisage touristique et de la masse de touristes et enfin des dizaines et dizaines d’années de déblaiements par l’UNESCO. Ou peut-être en s’éloignant vraiment, en sortant complètement des circuits, cela serait encore possible… Mais seul, sans guide expert d’Angkor, l’idée d’explorer ne se pose même pas. Et il faut une moto avec bien plus d’autonomie que le jouet que j’ai loué qui ne peut faire qu’un peu plus de cent kilomètres…

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Ta Som est aussi un très bel endroit, finement décoré où il est tout à fait plaisant de se balader. Comme Ta Phrom, il date de la fin du XIIe siècle (un siècle productif avec Jayavarman VII… 😯 ) Le clou du spectacle est constitué par la porte est – de l’autre côté de l’entrée – pour observer un magnifique mariage entre un fromager et les pierres. Je me régale à contempler le travail du temps.

Ta Som - Cambodge - Cambodia

Ta Som - Panorama - Cambodia - Cambodge

Je termine mes visites du jour avec le Mebon oriental, que j’ai déjà vu de la route le premier jour.

Mebon oriental - Cambodge - Cambodia

Mebon oriental - Panorama - Cambodia - Cambodge

Comme Pre Rup (cf le 27 XII), il s’agit d’un temple montagne avec un sanctuaire central et quatre tours tout autour. Il date du milieu du Xe siècle et il est intéressant pour les sculptures de ses linteaux qui racontent les histoires d’Indra, Skanda, Civa ou encore Ganesh. Je m’assois au pied de la tour centrale pour me reposer, sous le soleil voilé par les nuages pour rédiger ce journal. Tout est calme et je cherche une harmonie avec les pierres, l’histoire et les mots. J’ai tout de même le séant posé sur une pierre qui a onze siècle d’histoire spacio-temporelle et qui – si elle pouvait parler – en aurait pour encore onze siècle à tout raconter. Je me souviens de cette sensation, d’avoir été happé par le temps, la fois où j’ai posé ce même séant sur le stade de Delphes en Grèce. Vingt-huit siècles plus tôt, un autre homme regardait des courses d’athlètes… Ici au Cambodge, j’essaie de sentir ou de voir les prètres qui foulaient cet endroit luxueux et mégalo mais je ne le ressens pas. Je profite pourtant du calme et de la tranquillité à laquelle ces pierres invitent. Il y a un je-ne-sais-quoi qui ressemble à une invitation à la contemplation dans tous ces murs et je plains les touristes de la société à haut rendement qui se suivent en rang d’oignon sans prendre le temps de voir. Le forfait d’une semaine est un minimum pour vivre ses sensations et prendre le temps de contempler.

Mebon oriental - Cambodge - Cambodia

Mebon oriental - Cambodge - Cambodia

Mebon oriental - Cambodge - Cambodia

Je passe dans le centre de Siem Reap pour aller au Blue pumpkin (pas de flic?…) et découvrir son lounge blanc du deuxième étage. Bien agréable dans un tout autre genre. Je rentre enfin à ma chambre pour me reposer totalement sur mon lit. Farniente. J’y reste un bon moment avant de partir dans le centre pour envoyer quelques emails au Japon ou à mes amis qui seront en 2008 avant moi.

New Year - Nouvel an - Siem Reap - Cambodge - Cambodia

A 22h, l’ambiance dans la rue est déjà conséquente comme me l’a déjà mentionné Yen avant que je rentre à l’hôtel pour savoir ce qui se passe pendant la Saint Sylvestre. Je repasse quand même à l’hôtel pour m’asseoir à l’une des tables sur la terrasse. Je rencontre un Néerlandais et un Canadien et le personnel de l’hôtel est plutôt gai. Je repars enfin dans le centre, dans « bar street » pour le compte à rebour. Un Nouvel an au Cambodge, à Siem Reap est assez sympa à vivre. Tout le monde danse et sourit. L’ambiance est excellente.

New Year - Nouvel an - Siem Reap - Cambodge - Cambodia

Le compte à rebour excite davantage la foule qui lève les bras, saute et danse sous la sono, les feux d’artifice et les pétards (crackers) et les lancées d’eau et moins bien choisi, les lancées de bières… Sympa à vivre. Je rentre rapidement car je suis fatigué et je ne veux pas me lever trop tard demain matin.

New Year - Nouvel an - Siem Reap - Cambodge - Cambodia

Distance parcourue: 45 kms

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5 comments

  1. En regardant tes photos d’ Angkor,
    je pense qu’ Angkor est le modèl de
    l’ animation « Ten-ku no Shiro Raputa » de Miyazaki Hayao.

  2. C’est quand même fou qu’en 2008, je n’ai du cambodge que quelques brochures, une idée de la triste histoire comme tout le monde mais aussi via le souvenir des récits que m’en faisait Lucien, Un « vieux » qui dans mon enfance me racontait ses belles années dans un pays mal connu qui était « l’indochine » et ses protectorats, et aucune notion de la vie actuelle.
    Ainsi je pourrais te dire que l’anecdote du 2 $, ça a été vécu il y a 65 ans environ de façon très similaire par un pompier pacifiste et humaniste qui faisait tout pour s’éloigner du régime et s’approcher de la population locale.

    Vraiment intéressant les bassins. J’aurais été curieux d’y découvrir la magie de l’eau, simplement l’imaginer me fascine déjà.

    Alors les pierres ne t’ont pas parlé mais t’ont invité à la contemplation. Je connais ces pierres « chargées » d’histoire, c’est une sensation qui manque d’ailleurs cruellement dans cette jeune contrée qui est le Canada, quoique je l’ai retrouvée dans les déserts de l’Utah, de l’Arizona et de la Californie sur les traces des Anasthasies et autre « natifs ».
    J’hallucine toujours sous tes tonnes de photos de trésors architecturaux… ou plus précisément sous ces empilades de sculptures si finement ciselées, vestiges d’une civilisation forcément forte et cultivée.

    Et je n’aurais jamais imaginé que au cambodge, le nouvel an du calandrier grégorien donnait part à des festivitées ma foi bien plus sympatiques et humaines que celles que je connais dans nos pays occidentaux !

    Merci de continuer à nous promener en Asie, et de découvrir pour nous les trésors cachés d’un cambodge aux images trop souvent ternies.

  3. >Danna-okina,
    C’est normal! Miyazaki s’est inspiré d’Angkor pour faire le film! Bravo! En fait, il s’est inpiré d’un temple particulier où je suis allé. J’en parlerai bientôt! 😉

    >Gil,
    Merci pour tes messages. Ile me touchent beaucoup à chaque fois.

    >Remi,
    Merci! 😉

  4. Ha, un peu de temps ce matin pour te lire . Et…c’est toujours aussi formidable.

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