Taïwan – Taipei – Jour 2

26 décembre 2010
Metro de Taipei - Station Minquan west road
Ah évidemment, quand on place son hôtel au mauvais endroit sur son propre plan, les distances changent… la balade d’hier soir s’explique au moment où nous arrivons à la station de métro… qui n’est pas celle attendue ! Nous sommes plus au nord, à la station suivante : Minquan West Road. Bon, ceci explique cela.
Nous nous rendons au musée national du palais… le musée de Taipei, le musée de Taïwan et peut-être même, le musée de Chine ! Les collections sont paraît-il incroyables, le nombre de pièces supérieures au musée du Louvre. 650.000 pièces recensées et seulement 15.000 exposées… de quoi donner le vertige ! La comparaison avec le Louvre ne s’arrête pas là puisque on commence 5.000 ans avant JC et on s’arrête au début du XIXe siècle. Par contre, il n’y a que des pièces chinoises…
De la station de Shilin, nous prenons un taxi qui nous y emmène en un peu moins de 10 minutes. Comme dans un aéroport, il y a une voie pour les véhicules pour déposer les passagers… nous apercevons l’esplanade mais le taxi continue pour nous déposer à l’endroit prévu… je ferai donc mes photos de l’entrée à la fin… Des dizaines de groupes s’agglutinent devant les deux petites portes qui permettent d’accéder aux collections… pas de doute, nous sommes bien dimanche. 85% des visiteurs sont chinois. Une certaine partie d’entre eux, des campagnards ou des Pékinois – reconnaissables entre mille à leur dégaine et leurs costumes trois fois trop amples – entrent dans les salles en beuglant, sans aucun respect de ceux qui visitent ou même ceux qui étudient – ils sont nombreux – en gueulant donc à leur groupe ou au téléphone alors que bien évidemment, le silence est demandé par des signes un peu partout et les téléphones interdits…
Le musée – contrairement au Louvre – est petit et n’est composé que de trois étages avec à chaque fois une dizaine de salles. Le premier étage – un avant goût ? – contient des meubles intéressants ou des vieux livres impressionnants mais les merveilles se trouvent plus haut. Certaines pièces nous scotchent littéralement sur place avec les peintures de Ma Lin ou Xia Gui du XIIe, ou les paysages peints sur des rouleaux. Plus près des cieux, au 3e étage, c’est l’explosion d’yeux et de cerveau avec les sculptures de jade, d’ivoire ou de bambou… Qu’on n’aime ou on n’aime pas, l’évolution des techniques de sculpture au fur et à mesure des siècles est véritablement saisissante.

Quelques photos dans ce papier pour vous expliquer a posteriori ce que nous avons vu. Les photos dans le musée sont interdites. Les photos de l’article viennent du site du musée et celles de la galerie sont des photos volées pendant notre visite…

Voici deux superbes peintures. La première de Ma Lin intitulée « En attendant les invités à la lueur des lanternes » et la deuxième ne représente qu’une petite partie d’un rouleau de près de 9m peint par Xia Gui intitulée « Vue claire et lointaine de rivières et de montagnes ». L’une et l’autre datent de la fin du XIe ou du début du XIIe.

Peintures de Ma Lin et Xia Gui

Voici une sculpture de bambou d’un lohan ou arhat (disciple de Bouddha) avec sa super bouille qui dompte un tigre.

Bamboo sculpture of a tiger-taming lohan

Voici les deux fameuses pièces du musée, en jade à gauche et en pierre à droite, celles pour lesquelles les visiteurs s’amoncellent devant les vitrines pour les contempler et il faut se faufiler dès qu’on aperçoit un faisceau de lumière au bout du tunnel humain. L’utilisation de la jade est intéressante mais je n’ai pas trouvé la chose exceptionnelle… pourquoi tout le monde se jette dessus ? Parce que tout le monde se jette dessus ?… L’idée est de les avoir transformer en objet du quotidien (avec une haute signification bien sûr) car ce morceau de jade et cette pierre auraient pu finir à la poubelle car non uniforme dans leur couleur et leur pureté.

Jadeite Cabbage with Insects, Meat-shaped Stone

Voici le bateau dragon en ivoire du XVIIIe taillé à partir d’une seule pièce de matériaux.

Ivory miniature dragon boat

Voici une boîte à quatre étage pour transporter de la nourriture qui date de la fin du XVIIIe. Dites-vous que cette boîte fait 45cm de hauteur et que ce qui vous semble être de la dentelle entre chaque sculpture est en fait de l’ivoire ! de toutes fines lamelles d’ivoire qui tiennent la sculpture de chaque étage ! qui plus est, la boîte est arrondie !

Ivory four-tiered food carrying case in openwork relief

Voici l’apothéose qui explique le nom de cet étage pour chaque type de sculpture : uncanny, soit étrange et inexplicable. Observez cette sphère. Elle est faite à partir d’une seule pièce d’ivoire elle aussi et l’artiste à réussi à découper 21 sphères concentriques à l’intérieur ! Des sphères qui peuvent tourner. Et regardez le découpage de chaque sphère : il est différent !!! Le neurone de mon cerveau devant cet objet ne pouvait pas imaginer une seule seconde comment cela est possible. (Lien vers une page en Flash du site du lusée. Cliquez sur « Ivory & carving » dans le menu. Vers la droite se trouve la fameuse sphère. Cliquez sur le lien pour ouvrir une fenêtre qui vous fera entrer dans la boule ! Hallucinant !)

Comme le disent très bien les guides, ce musée vaut à lui seul une visite à Taiwan ! Il est particulièrement exceptionnel. Nous en ressortons 5 heures plus tard même si nous avons pris 30 minutes pour déjeuner dans le restaurant Sanxitang Teahouse du 4e étage, un endroit plutôt chic et très bon. Nous nous régalons avec des travers de porc parfumés à l’anis et avec un riz aux herbes cuit à la vapeur.
Il y a du soleil quand nous descendons l’esplanade jusqu’à l’arrêt du bus.

Au sud de là où nous sommes, à la station suivante, se trouve le temple de Confucius que je souhaite visiter. L’endroit est sympa mais un peu trop rénové à mon goût. Aucune patine du temps le caractérise. Un étudiant (40-45 ans ?) – nous sommes au temple du patron des enseignants ! – nous fait faire un petit tour pour nous expliquer quelques détails. Il se propose lui-même en me regardant. Il est plutôt sympa mais nous avons du mal à le comprendre entre son anglais et son japonais.
Dans la petite rue de l’entrée du temple, des stands d’une fête sont disposés ainsi qu’un stand avec des enfants qui font un spectacle au micro m’attirent. En arrivant au bout de la rue, je laisse échapper un cri d’étonnement car un temple – un vrai, vivant ! – est juste en face, bien patiné comme il faut, des gens entrant et sortant à tour de rôle. Je fonce. Voilà le contact que je cherchais. Celui de Confucius est trop neuf, trop sérieux, trop froid… Je me demande comment le maître considère sa maison de Taipei… j’ai visité de nombreux temple dédié à Confucius en Chine ou au Vietnam, ils étaient bien plus vivants. Peu importe, le temple Bao An nous tend les bras. L’ambiance est excellente, il est assez fréquenté et il est plutôt grand. Certaines salles ont des murs constellés de petites statues de Bouddha éclairés ce qui donne un caractère étrange de film de science fiction. Chacune de ces salles est dédiée à une divinité, sachant que le temple lui-même est consacré au dieu de la médecine : Baosheng Tati. J’aime cet endroit.
J’aimerais rester plus longtemps mais la lumière est très faible, il est 18h passées, je n’ai pas mon pied et nous avons vraiment froid. La fatigue des jambes se fait aussi sentir.
Nous décidons quand même de passer au marché de nuit de Shilin, le plus connu de Taipei.
La foule y est impressionnante. Nous nous arrêtons d’abord au No 39 qui fait les fameuses boissons au tapioca, très connues à Taïwan. Nous prenons un thé au lait – Chauuuuuuud s’il vous plaît ! – pour nous réchauffer. Le problème de Taïwan – après le papier toilette – est que c’est un pays sans chauffage ! Cela doit être en raison de la météo j’imagine, des latitudes plutôt douces (tropicales) et il ne fait jamais vraiment froid. Pourtant en décembre, il fait moins chaud et même dans le café, s’il ne fait pas froid, il ne fait pas assez chaud pour nous alors que dehors, la température est de 10°C. Elle descendra jusqu’à 8 au milieu de la nuit. Les deux mains collées à la tasse haute, nous nous brûlons les lèvres afin d’absorber toute la chaleur possible. C’est aussi la pause dont nous avons besoin avant d’affronter la foule qui se concentre dans l’artère principale.
Entrée du marché de nuit de Shilin - Taipei
L’ambiance et le type de boutiques nous fait penser à Ameyoko à Ueno. Des étalages illégaux se mettent au centre, ce qui rend la progression encore plus difficile. Il sont tout du long de la rue qui s’étend sur environ 800 mètres. Quand les premiers, au sud, du côté de la station de Jiantan repèrent des policiers, comme une vague qui se retire après s’être échouée sur le sable, ils plient bagages les uns après les autres avec une dextérité améliorée avec chaque jour qui passe.
Noriko voulant se faire masser – le massage ici est réputé – nous repartons à l’hôtel. Je fais un aller-retour pour l’accompagner car je souhaite continuer l’exploration de ce marché animé.
De retour, pendant plus de deux heures, je m’égare dans ce véritable labyrinthe où on peut, à ce qu’il me semble, tout trouver : bouffe, vêtements, chaussures, cosplay, dessous, bijoux, chien, chat, poisson, jeux, bowling, copie de sa main en 3D, bonne aventure, porte bonheur, accessoires, montre, sacs à main ou à dos, théière, tatouage et je laisse tout le reste de côté ! Le dédale n’en finit pas. À chaque fois que je tourne dans une petite rue, j’en trouve une autre ou des galeries, des parties couvertes. D’ailleurs, celle des jeux forains est vraiment sympathique et bon enfant. Dans une des rues qui entourent le marché, une zone culinaire, je mange un roulé plutôt indien. Ici, des gargotes vendent des tas de choses, deux d’entre elles, les grands morceaux de poulets frits de Hot star qui sont très connus. Tellement connus qu’il faut faire la queue qui est très longue. Et je ne peux manger un tel morceau tout seul. Un peu plus tard, je mange des fraises enrobées de caramel rouge (fraises d’amour ?), quatre fraises piquées sur une brochette en bois. Je me régale.
Je continue à me perdre jusqu’à ce que mes jambes ne me portent plus. Il faut dire que je n’ai pas arrêté depuis ce matin.


7 comments

  1. J’ai regardé la photographie plein de sens de réalités et suis devenu le sens que je suis allé à Taiwan.

  2. C’est fabuleux de voir comment les itinéraires de nos voyages se croisent sans se ressembler pour autant. C’est comme ça qu’on a commencé à discuter et quelque chose me dit que ce n’est pas près de s’arrêter… Levely pano, comme d’hab !

  3. Héhé des pano 😉 merci Patron 😉
    Alors encore une fois mais tu le mérites, merci de nous faire partager tes voyages, j’adore la photo 32.
    A bientôt

  4. Merci Emma.

    Tu as bien raison Fred. Moi j’dis, il faut qu’on se pose ensemble et qu’on se rencontre vraiment plutôt que 5min tous les 6 mois dans un institut ou l’autre… 😉

    Marchi Mo² !
    J’en ai plusieurs de cette série. Avec les colonnes de ces statuettes, ça fait vraiment Matrix. 🙂

  5. Ah… ce sont les pièces les plus connues du musée….

    À droite, c’est une sculpture taillé en forme du porc Dongpo qui s’appelle 肉形石(ニクケイキ),connue pour sa réalité. (Ça a l’air délicieux?) 😯
    Et à gauche c’est 翠玉白菜 (スイギョクハクサイ), le chou chinois en jadéite datant de la dynastie Quing. Le blanc est le symbole de la pureté et et dans le vert il y a des insectes(un criquet?) qui désigne la fécondité et la prospérité. On dit que la reine de Guangxu l’a apportée pour son mariage.

    Mais, ça peut vraiment ajouter de la valeur? ;)

  6. Les gammes colorées de toits de temples sont superbes…et les pièces photographiées du musée sont bien insolites, surtout le morceau de lard!
    Sinon, on a toujours plaisir à découvrir les peintures en rouleaux.
    C’est bien d’avoir pu obtenir un petit historique des céramiques par Ikuko!

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